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Articulu di u numaru 6, Lugliu di u 2007

La petite chronique de Petru Vachet-Natali


Traduzzione

Oust ! Du balais !



Ces derniers temps, sur les ondes de R.C.F .M. et plus particulièrement dans la très belle émission en langue corse: « Dite a vostra» de notre talentueux ami Ghjuvan'Carlu Marsily, une auditrice appelait pour dire qu'elle était allée faire dresser son chien en un lieu spécialisé afin de se faire obéir par son ami à quatre pattes, grâce à des paroles et à des gestes adaptés pour chaque situation.

Cette dame disait qu'en général, elle parlait corse à son chien; mais sur place, il lui a été dit que si l'on donnait des ordres en langue corse, cela engendrait une grande confusion sur le champs de dressage, car la majeur partie des maîtres étaient français ainsi que le dresseur, directeur des lieux.

Ici, l'on ne parlait aux chiens qu'en français et si d'aventure l'on donnait un ordre en corse, tous les animaux interloqués restaient la gueule ouverte, ne comprenant plus rien! Il lui fallut donc parler français à son chien; mais celui-ci n'était pas bilingue! Aussi, tout ce qu'on lui commandait était compris de travers.

Il partait quand il fallait venir et aboyait lorsqu'il fallait se taire! Causant un désordre considérable en ce lieu de dressage... Ordres et commandements, tout se mélangeait et l'on ne savait plus s'il fallait courir ou marcher au pas!

Dressant les oreilles, Mascarone regardait tous ces nouveaux venus, pensant que ces aboiements lui étaient étrangers et totalement incompréhensibles. Aussi, de guerre lasse, tous deux s'en allèrent, se sentant vraiment ici, comme dans un pays étranger.

Il y a longtemps, lorsque j'étais à Paris, j'avais deux chiens: un tout petit et l'autre beaucoup plus grand; un danois appelé aussi dogue allemand. Celui-ci était si beau qu'il me fut demandé pour tourner dans un film où Sim et Patrick Topaloff étaient à l'affiche. Ce film était: «Par ici la monnaie ». Alors, par respect pour nos hôtes, je parlais français au chien, - qui était aussi bilingue - même si entre deux prises de vue, tout en avalant un poulet, ce dernier grommelait avec moi en langue corse me disant que parfois, à cause de leur accent parisien, il ne comprenait pas toute la conversation.

Cela pour dire que dans notre région, tout de même, l'ensemble des ordres adressés à la gente canine devraient être formulés en corse. « Aboiement corses aboiements vivants! » Ne serait-ce par exemple que pour les chiens de chasse !... Qu'ils puissent au moins se faire comprendre de nos lièvres ou de nos sangliers lorsqu'ils se lancent à leur poursuite! Idem pour les chiens de garde, toujours prêts à avertir le voleur avant de partir ventre à terre à sa poursuite tous crocs dehors! Faisant faire ainsi des économies à la Sécurité Sociale si l'on pense à toutes les morsures subies par les facteurs et les huissiers!

Ce sera donc plutôt à nous d'apprendre aux français et aux étrangers les paroles corses adaptées à l'obéissance et au dressage des chiens; même s'ils sont à présent, en Corse, plus nombreux que nous!

D'abord, nous leur apprendrons: « Tb ! Abbocca!» et « Pr;stu !» Pour le reste, qu'ils s'adressent aux bergers et aux chasseurs locaux puisque pour ordonner, ceux-ci ont de grandes dispositions! et avec le temps, qu'on le veuille ou non, l'apprentissage se fera. Quant à « Pristu ! »... Un jour, en France une dame me dit ceci: «Me rendant souvent en Corse, c'est vraiment bizarre... chez vous... tous les chiens s'appellent Pristou !! »

Le 13 juin 2007 jour de la Saint Antoine.