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Articulu di u numaru 1, ferraghju di u 2007

La petite chronique de Petru VACHET-NATALI


Traduzzione
English version

Pan ! Pan ! Canons et sceau



Ces derniers temps, grâce à un grand article avec photo couleur paru dans « Corse-Matin », nous avons appris que le docteur Pierre GHIONGA conseiller général de Corti, ayant en charge la gestion des musées départementaux, recherchait, depuis plusieurs mois différents objets et documents ayant appartenu à Pasquale PAOLI. Cela dans le cadre de la préparation des commémorations du bicentenaire de la mort du Père de la Patrie.

Chacun sait que celles-ci débuteront le 5 février jour de son décès en 1807. Ainsi, le docteur GHIONGA a su que deux canons des armées de PAOLI se trouvaient dans la salle des pas perdus de l’ancienne mairie de la ville de TRANS-EN-PROVENCE près de DRAGUIGNAN. Il se dit aussi que ces derniers tonnent toujours les jours de fête !

À l’époque, ce serait le seigneur marquis Louis-Henri de VILLENEUVE, lieutenant-colonel du régiment d’infanterie royale Roussillon qui se les appropria lors des combats de Patrimoniu et de Barbaghju. Cela se passait au temps de « la campagne de Corse », durant le mois de février 1769, lorsque Clemente PAOLI et l’abbé Francescu-Antone SALICETI au lieu d’attaquer les français cantonnés dans le village d’Oletta firent avec Pasquale PAOLI une calamiteuse opération aux alentours de Patrimoniu et de Barbaghju, laquelle échoua.

D’ailleurs, l’abbé SALICETI d’Oletta y laissa la vie. Le général français, marquis d’ARCAMBAL, commandait en ces lieux plusieurs officiers du roi surnommé en Corse « Louis Plomb » (1)

Parmi ces officiers se trouvait le seigneur Louis-Henri de VILLENEUVE marquis de TRANS. Ceux-ci se partagèrent bon nombre de trophées ! parmi lesquels les canons des nationaux corses.

Bien entendu, les trophées de guerre restent des trophées ! Ils ont les leurs, nous avons les nôtres ! Mais, toujours selon Pierre GHIONGA, nous apprenons que la fondation CALVET située en AVIGNON, serait en possession du sceau de Pascal PAOLI !! Il paraît que depuis longtemps déjà, le conservateur du musée d’Aiacciu avait fait une demande à cette fondation CALVET d’Avignon afin de récupérer ce sceau au profit du musée de la Corse de CORTI mais que cette requête fut rejetée par le conseil d’administration !

Aujourd’hui, à la veille des prochaines cérémonies, nous pensons que les associations, les amicales ou même tout un chacun, particulier plus ou moins influent devraient se mobiliser afin de récupérer ne serait-ce qu’un canon et surtout le sceau de Pasquale PAOLI. L’appel est lancé car cela est de la plus haute importance. Dorénavant, nous attendons avec le plus grand intérêt les réponses des responsables des villes de Trans-en-Provence et d’Avignon lesquelles détiennent ces chers trésors.

Afin de terminer sur une note légère et humoristique, nous demanderons aussi l’appui de tous nos amis des villages de U PRUNU ainsi qu’à ceux de U MONTE puisqu’en matière de canons, nous avons là de vrais experts…

Il se trouve qu’à une certaine époque, les habitants de ces deux villages désiraient avoir une cloche et certaines personnes leur avait dit qu’il y avait un canon de bronze enterré dans la campagne. Ainsi, s’ils le trouvaient, en le fondant, celui-ci ferait une belle cloche !

Les villageois le cherchèrent en vain durant plusieurs années avant de se rendre compte de la supercherie dont ils avaient étés la risée. Il leur restât ainsi le surnom : « Les canonniers » !… Depuis, ne vous avisez pas de dire BOUM ! dans ces villages car vous pourriez avoir de sérieux ennuis ! Alors, afin de conforter notre légitime requête, il me vient en mémoire les paroles de cette fameuse chanson électorale corse, qui sera très bientôt d’actualité :

« Pan ! Pan ! cloches sonnez le tocsin (2) Rendez l’écharpe ainsi que le sceau !! » (3)

Mais ici, pour l’occasion, on chantera cette parodie de circonstance :

« Pan ! Pan ! cloches sonnez le tocsin (4) Rendez les canons ainsi que le sceau !! »

Petru VACHET-NATALI


(1) Louis Plomb : Ainsi était surnommé en Corse le roi Louis XV pour les tourments infligés aux nationaux par le feu nourri de ses armées aux projectiles en plomb. Une expression française parle aussi « d’années de plomb » pour évoquer une période noire de l’histoire.
(2) Le tocsin : Ici, pour votre défaite aux élections.
(3) Cette expression signifie : Rendez l’écharpe tricolore ainsi que le tampon (timbre) appelé familièrement « la Marianne » qui sont les deux attributs symboliques de l’autorité municipale.
(4) Le tocsin : Ici, afin de rassembler toutes les bonnes volontés pour récupérer les canons et le sceau.